Les erreurs de syntaxe

En France, il existe une tyrannie un peu paradoxale de l’orthographe. Je m’explique. D’un côté, elle est mal-aimée. On dit qu’elle est complexe, superflue, voire sans aucune logique. De l’autre, il existe une vaste intolérance française face à la faute d’orthographe. Une seule erreur suffit à être pointé du doigt, taxé d’ignorant et jeté au bûcher 2.0 : les réseaux sociaux.

En bref, l’orthographe en France, on en fait tout un plat 🍳

(Et je vous recommande chaudement ce TedX humoristique si vous êtes intéressé par le sujet)

Mais qu’en est-il de sa petite sœur ? Grande oubliée de la rédaction, la syntaxe joue pourtant un rôle essentiel à la compréhension d’un texte et au confort de lecture.

La syntaxe, qu’est-ce que c’est ?

La syntaxe est une sous-famille de la grammaire. C’est elle qui régit l’articulation entre les mots, c’est-à-dire la place qu’ils occupent dans une phrase et comment ils sont reliés entre eux.

Les fautes de syntaxe les plus fréquentes sont les suivantes :

  • Oubli d’un mot dans une phrase (l’absence du « ne » dans une négation compte !)
  • Erreur dans les pronoms
  • Erreur dans les prépositions
  • Conjugaison au mauvais temps

Et bien d’autres encore !

Je peux vous assurer que les erreurs syntaxiques sont bien plus courantes que les fautes d’orthographe. Les règles sont tellement nombreuses et subtiles que l’on ne les connaît que rarement.

Saurez-vous trouver l’erreur ?

Regardez ces phrases :

  • Je pallie au manque d’organisation de l’entreprise.
  • Après qu’il soit arrivé, il s’est tout de suite couché.
  • Elle se rappelle de ses belles années.

Lesquelles sont justes ? Absolument aucune ❌ Entendues au cours d’une conversation, ces phrases ne choquent pas forcément l’oreille. Elles filent, l’air de rien, et pourtant ne se disent pas.

Voyons leur correction :

  • Le verbe pallier est synonyme de « compenser ». Or, on ne compense pas « au », mais on compense « le ». Il est en de même pour pallier : je pallie le manque d’organisation de l’entreprise. Pallier « à » quelque chose est une faute de syntaxe !
  • « Après que » est toujours suivi de l’indicatif. La bonne tournure est donc « après qu’il est arrivé ». Je sais, ce n’est pas du tout intuitif. C’est presque vomitif. Surtout lorsque l’on apprend qu’« avant que », lui, est suivi du subjonctif. Une aberration 🤪  
  • « Rappeler » est un verbe transitif direct. Ainsi, la formulation « elle se rappelle de » n’existe tout bonnement pas. « Elle se rappelle ses belles années », si.

La liste est très longue et promet bien des surprises :

Zoom sur la ponctuation

Parmi ces rapports syntaxiques, il y a la ponctuation. Ces petits symboles jouent un grand rôle dans l’articulation des mots entre eux. Souvent utilisés au petit bonheur la chance, ils sont pourtant régis par des règles strictes.

En effet, la ponctuation n’est pas là pour faire joli. Bien au contraire ! C’est elle qui permet au lecteur 1) de respirer 2) de comprendre le sens de la phrase 3) de comprendre le ton donné à la phrase. Oui, tout ça. Elle n’est donc pas à négliger.

Quelques règles de base :

  • Jamais de virgule avant ou après le « et »
  • Mettre une* espace avant un signe double ( ; / : / ? / ! )
  • Au contraire, ne pas mettre d’espace avant un signe simple ( , / . / ‘ )
  • Mettre une espace avant une unité de mesure ( cm / € / $ / ml )
  • Ne pas mettre de points de suspension après « etc », un point suffit
  • Pas de virgule après « mais »

*Oui, oui ! En ponctuation on dit bien « une espace » et pas « un » !

Une seule virgule vous manque et tout est incompris

Pour vous montrer toute la force de la ponctuation, vous trouverez ci-dessous un petit texte (connu) qui prouve que la place d’une virgule peut complètement changer le sens de la phrase :

Un homme riche était au plus mal. Il prit un papier et un stylo pour écrire ses dernières volontés :

Je laisse mes biens à ma sœur non à mon neveu jamais sera payé le compte du tailleur rien aux pauvres.

Mais le mourant passa l’arme à gauche avant de pouvoir achever la ponctuation de son billet. À qui laissait-il sa fortune ? Son neveu décide de la ponctuation suivante :

« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Evidemment, la sœur n’est pas d’accord. Elle ponctuerait plutôt le mot de la sorte :

« Je laisse mes biens à ma sœur. Non à mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Le tailleur demande la copie de l’original et ponctue à sa manière :

« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Là-dessus, les gueux de la ville entrent dans la maison et s’emparent du billet. Ils proposent leur version :

« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur ? Rien. Aux pauvres ! »

Pour se former sur la syntaxe française, il n’y a pas de secret : il faut lire, lire, lire 📚 Les maisons d’édition sont effectivement très pointilleuses en ce qui concerne la syntaxe et notamment la ponctuation. Plusieurs personnes relisent les manuscrits pour déceler la virgule qui compromet tout le texte. Fiez-vous aux bouquins, à leurs formulations et… brillez en société ! ✨

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